Je ne cacherai que je prie beaucoup pour une solution pacifique dans le conflit social au Québec. Je tente de comprendre afin de me faire une idée de la situation qui opposait les étudiants et le gouvernement du Québec. J’utilise ce temps de conjugaison car c’est évident que la crise est à un niveau quinconcerne toute la société québécoise. Depuis plusieurs jours, il me vient deux mots dans ma méditation : «principes et concept.» J’ai d’abord fouillé sur le Net pour saisir la définition de chaque mot. Contrairement à ce que je pensais, ils ne sont pas synonymes et ce, même si on les utilise comme s'ils l'étaient.
Selon la définition que j’ai trouvée «Le concept est l’idée à partir de laquelle est conduit un projet. Il correspond à une philosophie, un positionnement marketing, un plus du produit. Un concept peut être général et applicable à plusieurs types de produits. Cette catégorie, souvent influencée par les tendances, l’évolution des styles de vie, des modes de fabrication et de distribution, s’est largement développée au cours de la période récente. Parmi les concepts en vogue : concept du produit nomade, du produit jetable, du prêt à utiliser, du recyclable, de rechargeable, du deux en un. (…) Le concept tient en un mot ou en une phrase. Il sera la référence pour tous les intervenants tout au long de la chaîne de mise en œuvre du projet : concepteurs, développeurs, sous-traitants, fabricants, vendeurs, distributeurs, publicitaires, etc.)
Le Concept est donc lié au discours économique, là où on donne des valeurs humaines aux produits de consommation afin de justifier le profit pour le profit. Cette manière de percevoir le monde et les relations humaines fait partie de la philosophie de la mondialisation. On a mis l'homme au service de la machine économique. Commence-t-on à saisir le sens de certaines manifestations qu'.on étale à la une des médias?
Voici maintenant ce que le Dictionnaire de l’Académie française nous dit du mot «Principe.» «Commencement, origine, source, cause première. Dieu est le principe, le premier principe de toutes choses. Dieu est le principe de tout bien, le souverain principe. Le principe de nos idées, de nos connaissances. Des philosophes ont fait de l’intérêt personnel le principe de toutes nos actions. Remontons au principe des choses. Voyons, examinons la chose dans son principe. Le principe du mal est dans la faiblesse des chefs. Les manichéens admettaient deux principes contraires, un principe du bien et un principe du mal.»
En ce jour de la Pentecôte, je commence à comprendre la profondeur des enjeux, la largeur de la complexité et la portée des conséquences de la page d’histoire que nous sommes à écrire avec l’encre de notre espérance. Si on peut reconnaître aujourd’hui que l’Église des années 40 avait raison en ce qui concernait le néolibéralisme de l’époque, cela devrait nous donner des outils valables pour faire face à la mondialisation d’aujourd’hui. Les conséquences alors prédites sont à se réaliser aujourd'hui. Comment revenir au principe premier au-delà des concepts alléchants qui se voulaient soulager l'espèce humaine des dûretés de l'existence!
On n’a rien inventé avec notre modernisme. Même au temps de Moïse, on avait trafiqué l’amour de Dieu comme principe premier pour l’attrait du veau d’or avec ses concepts adaptés à son époque. C’est la loi du moindre effort en autant qu’on puisse se payer les services qu’on nous a dit essentiels à notre existence. On a fait taire Dieu pour mieux entendre la soif des tiroirs caisses qui tirent leurs profit à même notre léthargie. Dans ce contexte, je crois de plus en plus que l’Église est encore capable de nous guider dans ce tumulte existentiel. Sa manière de faire a changé. Elle reconnaît la valeur du baptême de ses fidèles. Il revient à ces derniers d’affirmer avec conviction le principe premier de leur foi, celle qui engendre l'Église dont les chefs se font serviteurs. J’apprécie le silence des évêques dans le conflit actuel car l’Église qu’ils représentent est là dans la rue avec ceux qui militent. Le tintamarre en fait que commencer. Il durera tant et aussi longtemps que les manifestants n'affirmeront pas la foi qui les habitent. C'est un principe qui dépasse tous les concepts. Encore faut-il y revenir avec conviction. Alors la fête pour commencer. On aura ainsi passé du «tintamarre» au «tant aimé!»
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