Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 14:13

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J’admire des artistes chevronnés comme Patrick Huard, Gregory Charles et Michel Rivard qui encadrent les candidats et les candidates de Star académie. On ne peut passer sous silence le professionnalisme de René Angelil et les efforts soutenus de Ginette Reno et ceux des autres intervenants. Je suis assidu à la Quotidienne de trente minutes qui passe quatre soirs par semaine. Quant à la générale du dimanche soir, je porte une attention spéciale à la performance des candidats et candidates mis en danger. Je ne suis pas un adepte des spectacles à grand déploiement.

J’ai quand même attendu deux semaines avant d’émettre mon commentaire sur cette série culte. Oui, les candidats sont mis en danger. Mais j’aime la manière qu’on les entoure afin qu’ils apprennent à se dépasser. Joannie Benoît de Tracadie-Sheila donne une leçon de vie d'une grande importance. Son reflexe à se comparer aux autres candidates qui bougent mieux qu’elle est naturel. C'est toujours de mise quand il y a une telle compétition entre des candidats talentueux. La porte du succès est très étroite. Un seul candidat y passera. Comment maintenir un climat de vie sain et harmonieux quand il y a une telle combativité? Joannie est pour moi un témoin de la force de vivre. Certes, la perte d’une jambe influence ses performances au niveau de la danse. Mais elle nous apprend à canaliser un tel handicap autrement. La compétition ici n’est pas au niveau de la danse et des mouvements de scène mais bien au niveau du chant et des émotions qui l’accompagnent.

Je tends à faire un parallèle avec la catéchèse que j’anime en vue de la confirmation des jeunes qui aura lieu en avril prochain dans les trois communautés de notre unité pastorale. Donnons-nous un tel encadrement à ceux et celles qui demandent une démarche catéchétique en vue d’un sacrement? Nous faisons notre mieux avec des moyens très limités. Les bénévoles ne font pas la file pour offrir leur service. Mais est-ce que l’éducation à la foi doit se limiter aux catéchètes seulement? Est-il possible de se sentir concernés à tous les niveaux?

C’est ma première expérience d’animer une catéchèse qui s’insère à la célébration eucharistique dominicale des communautés de l’unité. La liturgie est pour l’occasion transformée à un point tel que le traditionnel Prions en Église n’est pratiquement pas utilisé. C’est un dérangement important pour certains membres des communautés concernées. Est-ce que Star académie peut nous inspirer une approche pastorale et catéchétique valable pour les jeunes qui nous suivent dans la foi? Au-delà des jeux de mots, ces jeunes ont la foi et ils désirent l'articuler dans la quotidienne de leur vie. Mais cela représente un contexte tellement différent de ce qu'on a connu comme expérience de vie et de foi qu'on a tendance à en perdre son latin et ses points de repère. Si on découvrait l'âme de sa foi comme ces artistes chevronnés cherchent à faire découvrir l'âme de la chanson à ces jeunes talentueux? Ce faisant, cela nous aiderait peut-être à croire en notre avenir comme Église en devenir.

Par Daniel LeClair - Publié dans : Foi et Lumière - Communauté : Croyances
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 16:57

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Dieu n’est pas dans la vengeance des victimes ni dans les révoltes de ceux et celles qui en sont des témoins impuissants. Je trouve mon espérance dans la nouvelle manière de former les futurs prêtres. La sexualité jadis abdiquée et refoulée n’est plus négligée ou mise aux oubliettes. On ne se déshumanise pas  à ce point en devenant prêtre. Les futurs prêtres sont aujourd’hui mieux encadrés avec une assistance psychologique de pointe. Malheureusement, c’est une démarche de formation assez récente. Ceux qui font la manchette n’ont pas reçu un tel encadrement. Ça prend une vie pour bâtir une confiance où un faux pas de quelques minutes l’anéantir.

La prière n’a rien de magique. Lors de mon noviciat au Kansas, les novices devaient participer à trois semaines de deux sessions par jour sur la sexualité. Avec eux, j’ai eu à écrire ma vie sexuelle dès les premières manifestations jusqu’au jour où j’ai choisi le célibat consenti. Il fallait ensuite présenter son texte écrit au Père-Maître. Quel acte de confiance! C’est en objectivant ainsi mes sentiments recherchés sur papier que j’ai fait mes plus grandes prises de conscience. Si je n’étais pas prêtre, j’opterais encore pour le célibat consenti. Mais pour consentir (sentir avec) il faut d’abord sentir sa propre sexualité et discerner l’affectivité qui l’accompagne. Comment ensuite rediriger cette affectivité vers un accomplissement  de son être sans subir un syndrome de privation?

On m’a aussi dit qu’il y a quatre éléments avec lesquels on distincte la volonté de Dieu dans sa vie. Est-ce que je suis heureux? Est-ce que je réussis ma vie? Est-ce que j’accomplis mon baptême? Est-ce que je suis fécond? Ces questions sont simples mais il faut une somme de réflexion importante pour y répondre avec honnêteté.

Si les victimes d’abus étaient les nouveaux crucifiés du monde? Je sais que c'est forcer la note un peu trop, mais c'est mon seul point de repère. Qui s’est fait signe sensible de la présence de Dieu à la mort de Jésus au Calvaire? Je n’y vois que deux personnes : l’apôtre Jean, celui que Jésus aimait et Marie sa mère qui deviendra la mère de l'apôtre et ainsi de l'Église. Comment garder de tels secrets de société en son cœur et trouver le courage de méditer comme Marie savait le faire? C’est une expérience de foi unique où il faut identifier une grâce spécifique. Sans cette spiritualité qui convoque l’humain à être heureux, à réussir sa vie, à accomplir son baptême et à être fécond, l’humain se modèle sur des tortures culturelles et relationnelles indescriptibles. C’est le néant sans absolution ni pardon. Le bonheur devient alors élusif, la vie un fantasme, le baptême une illusion et la fécondité un exercice géniteur calculé!

La spiritualité n’est pas ici une option facultative. C’est un mécanisme de survie qui prend sa source dans l’indicible et l’innommable du mystère venu d'un ailleurs endormi dans l’expérience humaine. Le bonheur n’est possible que si je me crois capable d’être heureux. La vie n'est belle que si je lui permets de me réaliser. Le baptême n'est un beau projet que si je l’utilise pour m’accomplir. Une parole et une attitude peuvent être plus fécondes qu’un geste vidé de son sens.

Jésus serait-il ressuscité que pour répondre à l’amour de Jean et à l’attente de sa mère? Se tenant au pied de son supplice, ils n’ont porté aucun jugement avant que le temps ait dit son dernier mot? Cela me suffit pour continuer à croire malgré l’adversité. Après tout, Pierre s’est consolé d’avoir renié son maître et a pris la direction de l’Église naissante. Plus tard, Paul se convertira et avec Pierre, il deviendra l’une des colonnes sur lesquelles s’est construit l'Église. Celle-ci demeure le corps mystique de Celui qui ne nous abandonne pas et ce, malgré les apparences. Mais comment arriver à méditer cela dans son cœur alors que le monde exige que l’on réagisse? Là est le sens premier de la spiritualité. C’est la prière silencieuse qui nourrit une manière de penser afin de bien articuler la parole consolante qui suivra.

 

 

Par Daniel LeClair - Publié dans : Foi et Lumière - Communauté : Croyances
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 11:28

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Dans mes nuits d’insomnie où la solitude me tient en éveil, j’aime me voir comme un requin éboueur. Est-ce l’ouverture de la pêche blanche à La Baie qui m’apporte de telles images? Il y a quelques décennies quelle a été la surprise d’un pêcheur de Grande-Baie que de trouver un requin éboueur au bout de sa ligne! Cela avait fait la manchette. J’étais allé voir le spécimen que l’homme gardait dans son garage. C’était laid et ça puait! Je l'aime mieux dans ces eaux que je ne fréquente pas.

Les requins de nos rêves sont plus beaux et plus doux. En cet endroit secret du subconscient, ils sont aussi plus discrets. Ils rendent de grands services au-delà de tout soupçon. S’ils pouvaient parler, ils nous conteraient de belles choses sur nos villes qu’ils ne connaissent pas. C’est dans les égouts des villes que s’évacuent les histoires sordides de notre humanité, celles auxquelles on ne veut jamais s'identifier.

Cette image me réconcilie avec mon expérience de la vie. Je suis à écrire des notes autobiographiques pour un éventuel biographe intéressé par un projet d’écriture particulier. Homme de la vie, la souffrance a été mon école de formation. Sans grade ni diplôme pouvant justifier mes connaissances, je continue néanmoins mon bonhomme de chemin sans rien attendre en particulier. Cela me prédispose à une forme de préscience, comme un savoir en devenir. Quelque chose d’inédit est toujours possible tant l’homme déploie son trop plein de la vie telle une punition incomprise. Je tiens ici à remercier ceux et celles qui m'ont appris ce que les universités ne savent pas enseigner tant il y a des merveilles à vivre avant de les étudier. Alcooliques et toxicomanes, merci! Vous avez été pour moi des maîtres au-delà des brevets de mes profs des grandes écoles.

J’aime le requin à cause du préjugé qu’on lui porte. Qui a vraiment envi de faire des longueurs de piscine avec un requin qui bouge constamment avec la gueule ouverte! Et pourtant, on en croise tous les jours de ces gens qui se nourrissent de nos efforts comme s’ils en étaient les auteurs. Comme prêtre, je perçois ces mêmes préjugés et malheureusement la nouvelle qui fait l’heure leur donne raison un peu. Si je pouvais partager mon désir de rester prêtre dans de tels contextes avec des jeunes assoiffés de vie, ceux-ci y trouveraient-ils une source inspirante d’une vocation religieuse? Le monde a plus besoin de témoins que de réflecteurs. Or, on est vraiment témoin de l’amour qu’en situation de haine comme on devient témoin de la foi que dans les conditions douteuses. Je suis témoin de quoi quand il n’y a pas d’adversité? Comment peut-on être différent quand on se noie dans le consensus collectif? Ceux qui se perçoivent différents sont aussi ceux qui envisagent les événements autrement.

J’aime aussi le requin car il doit constamment bouger pour vivre sinon ses ouïes se ferment et il en meurt. Il devient alors comme un corps mort parmi les vidanges en se croyant vivant d’une vie d’ange! Je me demande si le requin peut dormir d’un sommeil profond puisqu’il doit bouger pour vivre. C’est peut-être là la source de nos peurs des requins. Comme on ne sait jamais quand ils dorment on a l’impression qu’ils nous épient constamment. Comment se faire ami avec celui qui nous considère comme une proie. Se percevoir ainsi dans la vie c’est aussi se voir comme un extraterrestre. N’est-ce pas ce que nous dirait le requin éboueur s’il pouvait nous parler? «Ils sont extras tes restes» puisqu’il s’en nourrit et il semble en bonne santé.

Oui, telle est ma vocation de prêtre et les éléments qui la nourrissent. Ma foi se nourrit des plus grands doutes de l’humanité. Ce qui est ne paraît pas et ce qui paraît n’est pas exact. La vérité est en quelque part entre l’être et le paraître. Comment s’y reconnaître? Ma prière s’inspire de ce que la société a rejeté tant elle n’y croit plus comme collectivité. Et pourtant, elle porte en elle un salut qui va plus loin qu’une simple salutation cordiale sur un coin de rue entre amis en quête de se connaître.

Par Daniel LeClair - Publié dans : Foi et Lumière - Communauté : Croyances
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 21:52

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Quand j’ai partagé à un ami que le but de mon écriture était de faire réfléchir, il m’a répondu : «Mission accomplie!» Il m’a avoué ne pas être toujours d’accord avec moi. Et c’est très bien ainsi.

Faire réfléchir est un pensez-y bien! Cela dérange parfois et on risque souvent de se faire interpeler. Qui n’a pas des idées biens arrêtées sur différents sujets? Je ne pardonne pas l’inceste ni la pédophilie et pour moi c’est non négociable. Par contre, je ne condamne pas dès qu’il y a des soupçons ou des allégations sur une personne. La sagesse exige que l’on donne à la justice son droit hors de tout doute raisonnable. Une fois la culpabilité reconnue, il est alors permis de dire son opinion.

On a tendance à jumeler la pensée et la réflexion comme des sœurs siamoises où l’un ne va pas sans l’autre. Pour moi, ce sont deux fils distincts entrelacés dans un même sujet. On pense à son avenir et on réfléchit à son passé. La pensée est foncièrement constructive dans le sens qu’on se bâtie une idée à partir de rien. La réflexion par contre est une idée venue d’ailleurs qu’on développe avec d’autres arguments initialement étrangers à l’idée reçue.

Ceci étant dit, je découvre deux genres de discours. Celui du penseur et celui du réflecteur. Le réflecteur transmet une lumière intellectuelle venue d’ailleurs alors que le penseur produit sa propre lumière intuitive. Ce dernier saisit bien le fil électrisant qui alimente sa pensée. Serait-ce une intuition de base dont la faculté n’est pas accessible à tous?

Les médias nous donnent beaucoup de matière sur laquelle réfléchir. Que devons-nous en penser? On nous informait hier que la «prétendue» taupe du corps policier de Montréal s’était suicidé. Un journaliste fait remarquer que c’est le troisième cas avorté où la justice n’y peut rien. On se souviendra du présumé meurtrier de Diane Grégoire et une femme dont j’oublie le nom et qui était accusée du meurtre de sa fille. Devrions-nous remettre les médias en question dans leur manière de manipuler l’information? En toute franchise, je ne sais pas comment on pourrait revoir l’éthique et la déontologie des journalistes. Il n’y a pas de bonnes manières à parler d'une mauvaise nouvelle.

Les véritables penseurs manquent à l’appel. À moins qu’on les tienne intentionnellement loin des micros et des caméras de télé à cause de leurs idées innovatrices. S’il fallait qu’une nouvelle idée émerge et qu’elle propose concrètement l’issu d’un dilemme social médiatisé, ce serait dramatique pour ceux qui égrènent les événements pour se donner quelque chose à dire.

Suis-je donc un penseur ou un réflecteur? J’ai beau y réfléchir, je ne sais trop quoi en penser.

Par Daniel LeClair - Publié dans : philosophie - Communauté : Croyances
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 14:39

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Parmi les nombreux commentaires reçus à la suite de mes dernières publications, je retiens celui d’une fidèle lectrice qui m’invite à réfléchir sur les zones grises ui nous habitent. C’est le dilemme action/réaction que l’on trouve dans les mouvements de masse. Les médias ne laissent personne indifférent dans la manière de dévoiler les informations. L’humain est capable du meilleur et du pire. C’est dans sa manière d’apprivoiser ses zones grises qui fait la différence entre le bien et le mal que l’on sème autour de soi.

Cela m’incite à continuer d’approfondir le sens premier de la conversion. Cette transmutation intérieure représente le défi vivre pleinement sa vie avant que la mort s'ensuive. Personne n’échappe à cette exigence de l’existence. S’il n’entreprend pas cette démarche sur soi, l’humain idéalise ses rêves et il berne son entourage avec différentes formes d’illusion. La foi n’est pas une question de vie après la mort mais bien de la vie avant la mort. Que voulons-nous que les gens retiennent de notre passage sur la terre?

Je ne veux pas mettre les mots dans la bouche de ceux qui feront mon éloge lors de mes funérailles. La sainteté à laquelle je suis appelé de par mon baptême ne peut se confondre à la perfection de la nature humaine que l'on voudrait dans une société dite évoluée. Apprivoiser ses zones grises c’est inviter l’humain à tendre vers le divin. C’est une expérience spirituelle valable tant elle exige des efforts de tous les instants. Rien n’est pleinement accompli. Tout est en processus de croissance. Il y a toujours une limite à repousser et de nouvelles avenues à s’approprier. C’est dans cette pulsion de vivre que s’articule l’adage : «vivre et laisser vivre!» Mais à quel prix?

Est-ce pour moduler notre perception de la nature humaine que nous recevons tant de vidéos témoins d’abus de pouvoir de différents paliers d’autorité? Encore ce matin, j’ai reçu une vidéo où on voit un policier abuser d’une adolescente complètement saoulée. Dans le pire chez l’humain, comment ce policier n’ait pas réalisé que ses gestes étaient filmés? La passion qui mène à la criminalité a des œillères et emprisonne la liberté humaine dans des ornières nébuleuses. Dans ma perception de l’événement, je doute que le policier ne connaissait pas l’existence d’une telle caméra cachée. Cela se passait quand même dans les locaux de son quartier général.

Je reconnais ma pulsion à porter des jugements audacieux. Je manque aussi à mes propres convictions qui consistent à laisser la justice faire son boulot avant de juger. Cela confirme la sagesse de cette lectrice qui m’invite à accueillir mes zones grises. Ce faisant, je comprends mieux les bases de ma foi. C’est une conversion de tous les jours qu’il ne faut jamais sous-estimer.

Par Daniel LeClair - Publié dans : Foi et Lumière - Communauté : Croyances
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 01:57

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Un lecteur m’a demandé si j’allais écrire un texte pour les victimes du prêtre accusé dont je parle dans le texte précédent. Oui, mais seulement quand l’accusé sera reconnu coupable. Il ne s’agit pas de prendre la personne accusée pour une victime à son tour. Jusqu’à maintenant, l’enquête n’a pas permis de démontrer que les plaignantes aient menti. Mais est-ce que cela fait de l’accusé un coupable pour autant? Si ça ne prenait que cela pour faire un coupable, on est tous voués à la prison d’une manière ou d’une autre. Si l’enquête n’a pas prouvé que les plaignantes aient menti, il faudra néanmoins un procès et un verdict formel pour reconnaître la culpabilité ou la non-culpabilité de la personne qu’elles accusent. Toute présomption relève du préjugé. Faut-il vraiment s’y soumettre?

Entre temps, les victimes dans cette affaire que je rencontre tous les jours sont innombrables. Ce sont des personnes qui ont travaillé avec l’accusé pendant des années et qui n’ont rien remarqué d’anormal dans ses comportements.  Je ne doute pas que des parents aient questionné leurs enfants qui ont eu à croiser ce prêtre dans différentes occasions pastorales. On parle ici de 36 ans d’expérience pastorale dans la région et ce, sans histoire pour faire la une des médias. Ce n’est pas rien! Plusieurs m’ont dit : «Ce que l’on dit de lui n’est pas le prêtre que j’ai connu!» Et ce, que ce soit à l’hôpital où il a été aumônier pendant 26 ans, en paroisse, aux résidences pour personnes âgées ou aux salons funéraires où il a fait un ministère remarquable.

Le préjugé est contagieux et sournois. Il est radical et sans retour. C’est le noir ou le blanc. Il n’y a pas d’espace pour des nuances de gris. À quoi sert le système de justice si le jeu est joué avant le procès? Du calme s’il vous plaît! Ne condamnons pas avant le verdict final! On s’ajustera ensuite à la réalité et ce, peu importe ce qu'énonceront  les autorités compétentes en temps venu.

Les véritables victimes sont ici oubliées et leur souffrance est sous-estimée. Je remplace le prêtre accusé auprès de deux résidences pour personnes âgées. J’ai dû faire des rencontres personnelles et de groupe en fin de semaine après les messes pour ces personnes affligées par la nouvelle. Je me suis servi de l’image du bateau au large du texte précédent pour aborder les sentiments que la nouvelle a profondément perturbés.

Le lecteur qui me demande un texte pour les victimes compare ici l’accusé à ce qu’il a été témoin dans son diocèse. Un prêtre a abusé des enfants pendant 20 ans et il aurait fait près de 85 victimes. Cela n’est pas ici le cas. Il n’y aurait que 3 victimes et les actes reprochés se seraient produits entre 1966 et 1968. À moins qu’il y ait d’autres accusations, il ne se serait rien produit depuis cet épisode. En plus, le prêtre dont il fait référence aurait été caché par son diocèse. Ici, c’est loin d’en être le cas. Le diocèse de Chicoutimi a été transparent et collabore étroitement avec les autorités policières. L’acharnement avec lequel on voudrait condamner ce prêtre accusé démontre à quel point on ne croit pas en notre système judiciaire. Pourtant, ce dernier ne s’est pas encore exprimer sur la situation car il n’y a pas eu de procès pour clarifier les allégations. Si on laissait la justice faire son job? On aura ensuite amplement de temps pour juger de la situation et la personne qui l’aurait engendrée. N'allons pas plus vite que la justice dans notre manière d'évaluer les situations. Admettons que nous souffrons tous d'une telle situation. Cela n'est pas un signe de faiblesse. On souffre selon la sensibilité que dénoncent les situations qui nous dérangent. La Sagesse sait attendre que la vérité se fasse. Or, la sagesse est un don de l'Esprit Saint. Seigneur, donne-moi la patience d'attendre le verdict et dépêche-toi!

 

Par Daniel LeClair - Publié dans : Foi et Lumière - Communauté : Croyances
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 15:41

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Une nouvelle fait la manchette depuis deux jours. Des accusations ont été portées contre un prêtre pour des actes posés il y aurait plus de 45 ans. C’est l’onde de choc dans la région. Ce prêtre a rendu des services forts appréciés depuis une trentaine d’années dans la région. Je comprends les sentiments de ceux et celles qui l’ont connu. Une accusation n’est pas en soi une reconnaissance de culpabilité. Les procédures judiciaires verront à clarifier les allégations. Faisons confiance à notre système judiciaire.

Cette situation me rappelle une expérience que j’ai vécue alors que j’étais prêtre au Nouveau-Brunswick. Par un matin de juin où la mer était houleuse, je rencontrais les pêcheurs qui s’apprêtaient à prendre le large en quête de homards. La mer était à ce point agitée qu’il y avait des moutons au large, une écume blanche qui ornait les vagues. Un capitaine m’a demandé si je voulais me joindre à eux. Je m’étais dit : «s’ils sont assez fous pour sortir en de tel temps, je suis assez fou pour me joindre à eux.»  J’ai regretté ma décision une fois au large. Mais il était trop tard pour virer de bord. Il me fallait vivre l’aventure jusqu’au bout. Le capitaine ne semblait pas avoir peur, je me suis dit que je n’aurai pas peur. Le père du capitaine était assis dans les marches qui descendent à la cuisinette de la cale. Lui non plus ne semblait pas avoir peur. Tant à l’homme de pont, il riait de moi alors que ma tasse de café se vidait de son contenu sans que je la boive. De toute évidence, il n’avait pas peur.

Une fois au large, alors que le père et l’homme de pont s’affairaient à lever les filets, j’ai demandé au capitaine pourquoi il ne semblait pas avoir peur. Il m’a dit : «le devant du bateau est fait pour affronter la vague. Mais si on s’était mis de travers, une seule vague aurait vidé le contenu électronique du bateau. Et si on s'était tourné le dos aux vagues, une seule aurait suffit pour nous couler.

Il en va de même dans une situation comme celle que nous sommes à vivre. J’appelle cela un «deuil en blanc.» Cela fait aussi mal que la mort mais il n’y aura pas de funérailles. Il faut se convaincre que notre foi suffit pour faire face à de telles vagues. Notre foi est faite pour de tels bousculements émotifs. Si on se tourne de travers et qu’on s’adonne à porter des jugements préconçus, notre existence se viderait de ses valeurs profondes et existentielles. Encore pire, si on se tournait le dos pour ne pas regarder la situation en face, on va sombrer avec la vague.

Le prêtre a un statut particulier. À mon avis, c’est la seule profession où, quand un prêtre est accusé, c’est toute l’Église qui en souffre. Il n’en est pas ainsi pour d’autres professions telles que les médecins ou les avocats. Ce sont là des cas isolés où le collège des médecins d’une part et le barreau d’autre part ne sont pas mis en cause. Cette solidarité que l’on ne retrouve qu’en Église s’appelle la COMMUNION. La prière est ici fondamentale et essentielle. Elle devient une nourriture existentielle. Faisons-nous confiance malgré les adversités. Les épreuves ont toujours fortifié la foi chez nos ancêtres. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui? Je me positionne à 250% derrière notre évêque et les autorités diocésaines qui demandent de faire confiance à notre système judiciaire. Il lui revient de clarifier la situation hors de tout doute. Personnellement, nous sommes de mauvais juges dans les situations qui nous ébranlent dans de telles dispositions.

Par Daniel LeClair - Publié dans : Foi et Lumière - Communauté : Croyances
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 03:33

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Mon frère avec qui j’ai pris quelques jours de congé entre Noël et le Jour de l’an est syndicaliste. Il a déjà été président de son local mais sa santé l’oblige à de moindres responsabilités. Nous regardions les nouvelles à la télé et la situation épineuse de l’usine Rio Tinto Alcan d’Alma faisait la manchette. On y parlait du plancher de l’emploi et des fonds de pension des employés.  J’ai lui ai demandé des explications. J’ai eu droit à un court «syndicat 101»!

Dans les années 70, les grandes entreprises s’étaient engagées à participer à 50% au fonds de pension des employés alors que ces derniers allaient fournir l’autre 50%. Le pourcentage des employés a été investi mais les employeurs n’ont pas respecté leur parole. Ils n’ont pas investi dans les fonds de pension des employés pendant de nombreuses années. De toute évidence les faits allaient parler d'eux-mêmes. Mais que voulez-vous? Les gens qui se sont engagés à respecter les engagements des patrons lors de conventions collectives ne sont pas les mêmes qui ont négligé de tels engagements un peu plus tard. Ils espéraient que leurs stratagèmes passeraient inaperçus durant leur règne. Les dirigeants actuels ne sont pas ceux qui ont signé les conventions collectives du passé d’une part et ceux qui ont volontairement omis de respecter de tels engagements ne sont plus en poste. Que faut-il en retirer comme leçon?

La propagande médiatique est l’arme préférée des syndicats et des employeurs. Que faut-il en retenir? L’apport des médias est ici d’une importance capitale. Il faut s’attirer l’opinion du public. Aujourd’hui, j’ai eu la chance de vérifier les dires de mon frère avec un membre du conseil de Fabrique d’une des communautés où je suis affecté. J’étais à la pharmacie où j’attendais pour le renouvellement de mon ordonnance. Dans ses explications, il donne raison à mon frère car il a vécu la même situation avec son employeur de jadis qui était une grande entreprise reconnue dans la région. Je préfère taire l’identité de l’entreprise pour éviter les préjugés.

L’influence économique des entreprises minent la confiance des populations du milieu. On ne sait plus qui croire dans de tels conflits. On en sait trop sur la situation et on n’y comprend rien dans les enjeux en cause. Qui faut-il donc croire? Il y a un parallèle intéressant qu’on peut reconnaître. La justice sociale préconisée par l’Église ne trouve plus de preneurs et pourtant, il y a là quelque chose de valable que l’on pourrait  considérer comme une valeur sure. Le monde économique a miné la confiance que l’on pourrait avoir en la justice sociale de l’Église. Les enquêtes publiques sont éloquentes. Les riches sont plus riches et la classe moyenne écope dans cette indifférence collective. Cette dernière s’appauvrit de plus en plus par rapport à la classe supérieure. On ne peut pas compter sur la classe inférieure car celle-ci n’a qu’un très petit droit de parole. Ce qu’elle en dit n’est pas tellement crédible même si elle dit vrai dans tout ce brou-ha-ha!

Il faut revoir l’Église comme ambassadrice des valeurs des plus petits pour porter leur voix aux plus grands. Mais seront-elles crues? «Ce que vous avez fait au plus petit d’entre vous, c’est à moi que vous l’avez fait…» est une valeur évangélique incontournable. Mais y croyons-nous suffisamment pour changer notre manière de faire dans ce monde où l’économie n’est plus au service des humains de la société? Nous avons fait des humains les sujets esclaves d’une économie sans âme. Peut-on retourner la vapeur et comment devrait-on s’y prendre?

Si vous avez une solution, je vous serais grée de me le faisiez connaître. Celui qui aura réussi aura aussi su me donner une raison valable d’espérer!

Par Daniel LeClair - Publié dans : Social - Communauté : Croyances
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 04:30

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J’étais en congé du 25 au 30 décembre. Je me suis entendu avec le cadet de mes frères pour le visiter en ce temps de réjouissance. L’accueil de mon frère et de sa petite famille a été exemplaire. On a tout fait pour me faire sentir chez moi alors que j’étais chez eux. Mais le temps des fêtes a quelque chose de nostalgique.  C’est probablement ce qui en fait aussi quelque chose de spéciale et d’unique.

Je ne sais pas si c’est à cause des visites que j’ai faites dans les familles en difficulté pendant l’Avent, mais je pense que je vais m’y prendre autrement l’année prochaine. Je réalisais cela durant mon retour. J’avais hâte d’être dans mon milieu. Durant le temps des fêtes, nous les prêtres, on se donne à 110%. Mes célébrations du 24 décembre ont été appréciées dans les trois paroisses où j’ai célébré la nativité.

Il faut accepter que le temps des fêtes soit particulier. Il y a une forme de nostalgie qui s’installe malgré notre bon vouloir. Cela nous plonge malgré soi dans des souvenirs de son enfance.  Je repense souvent à ce Noël 1965 où mes grands-parents et des amis étaient venus fêter Noël chez nous à Selwood. On venait d’aménager dans cette grande maison où il y avait de la place pour tous. Cela ressemblait à cette émission spéciale de Le temps d’une paix qui avait fait une émission spéciale de Noël dans les années 80. On dirait que la nostalgie est incontournable tant les chaînes de télévision aiment nourrir de vieux souvenirs dont les événements ne reviendront plus. Je revois ce voisin qui s’était acheté le premier ski-doo dans la région. Les plus vieux en avaient fait dans l’après-midi. Était-ce les années de la grande innocence? Je n’en sais rien. Il n’en reste pas moins que ce sont les souvenirs que j’aime caresser.

Le temps des fêtes représente une période difficile pour beaucoup de familles. L’unité dans les liens familiaux n’est pas toujours une évidence. Il faut accepter que le temps évolue et que les choses changent. J’en suis rendu à ce constat. Si Noël sera toujours un moment nostalgique pour moi, il est néanmoins une période des prises de conscience profondes. Et pour moi, un missionnaire n’est rien sans sa mission. C’est ce que je suis à vivre dans cette belle région du Québec.

De retour dans la région, je prends quand même le temps d’atterrir. Mon cœur trouve sa joie dans les choix que j’ai faits pour mon avenir. Je réalise à quel point je suis heureux dans ce coin de pays qu’on appelle le Saguenay. En ce sens, c’est Noël à tous les jours parce que justement on est heureux avec les brindilles de bonheur que l’on sème autour de soi. Je suis fier de la manière que la famille de mon frère évolue. Là aussi les choses changent et c’est tant mieux! La vie mérite d’être vécue jusqu’au bout et ce, peu importe les aventures qu’elle entraîne.

Le temps passe et c’est très bien ainsi. Les changements engendrent des souvenirs qui se font parfois nostalgiques. Ce n’est pas mauvais en soi. De tels souvenirs devraient nous aider à apprécier le présent. C’est ce que je tente de faire avec la sagesse que donne le temps des souvenirs heureux.

Par Daniel LeClair - Publié dans : Méditations - Communauté : Croyances
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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 06:38

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Le 8 décembre dernier, je célébrais la fête liturgique de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie avec les frères Maristes de Chicoutimi-Nord. Le supérieur m’a partagé ce texte de Tonino Bello publié chez Médiapaul. Je vous le transcrits textuellement.

Qui sait combien de fois je l’ai lu, sans éprouver d’émotion. L’autre soir toutefois, cette phrase de concile, citée sous une image de la Vierge, m’apparut si audacieuse que je suis allé à la source pour en vérifier l’authenticité.

C’est en effet au quatrième paragraphe du Décret sur l’apostolat des laïcs qu’il est écrit textuellement : «Marie menait sur la terre une vie semblable à celle de tous, remplie par les soins et les labeurs familiaux.»

«Marie vivait sur la terre», non dans les nuages, Ses pensées n’étaient pas éthérées. Ses gestes portaient la marque du concret.

Même si Dieu l’appelait souvent à la contemplation, elle ne se sentit pas dispensée de la fatigue d’avoir les pieds sur terre.

Loin des abstractions des visionnaires, loin des évasions des mécontents ou des échappatoires des illusionnistes, elle tenait obstinément sa maison dans le terrible quotidien.

Mais il y a plus encore. «Elle vivait une vie semblable à celle de tous.»

C’est-à-dire semblable à la vie de sa voisine. Elle buvait l’eau du même puits, elle pilait le grain avec le même mortier. Elle s’essayait à la fraîcheur de la même cour. Elle aussi rentrait fatiguée, le soir, après avoir glané dans les champs.

À elle aussi, on a dit un jour : «Marie, tu commences à avoir des cheveux blancs.» Elle s’est alors regardée dans la fontaine et a éprouvé, elle aussi, un sentiment de vive nostalgie, comme toutes les femmes du monde, quand elles s’aperçoivent que leur jeunesse vient à se faner.

Mais on n’a pas fini d’être surpris, car apprendre que la vie de Marie du, comme la nôtre, «remplie par les soins et les labeurs familiaux», nous la rend si participante des fatigues humaines que celui nous fait entrevoir que notre pénible quotidien n’est peut-être pas aussi banal que nous le pensions.

Oui, elle aussi a eu ses problèmes : de santé, d’argent, de relation, d’adaptation.

Qui sait combien de fois elle est rentrée du lavoir avec un mal de tête ou perdue dans ses pensées parce que, depuis plusieurs jours, Joseph voyait les clients se faire plus rares à l’atelier.

Qui sait à combien de portes elle a frappé en demandant quelques journées de travail pour son Jésus à la saison des olives.

Qui sait combien de fois, en plein midi, elle s’est évertuée à retourner à à tailler dans la pelisse déjà usée de Joseph un manteau pour son fils afin qu’il ne fasse pas trop mauvaise figure au milieu de ses camarades de Nazareth.

Comme toutes les épouses, elle aura eu des moments de crise avec son mari, dont, taciturne comme il était, elle ne comprenait pas toujours les silences.

Comme toutes les mères, elle aura surveillé, entre crainte et espérance, les phrases tumultueuses de l’adolescence de son fils.

Comme toutes les femmes, elle aura souffert de l’incompréhension, même de la part de ses deux grands amours sur la terre. Elle aura craint de les décevoir. Ou de ne pas être à la hauteur de son rôle.

Et, après avoir épanché dans les larmes la peine d’une solitude immense, elle aura finalement trouvé dans la prière, faite en commun le bonheur d’une communion située au-delà de la nature humaine.

À cette belle réflexion pour aujourd’hui, j’ajoute la prière qui s’ensuit et qui est d’une saveur digne de notre temps.

Sainte Marie, femme de tous les jours, tu es peut-être la seule à pouvoir comprendre que notre folie de te ramener dans les limites de notre expérience erre à terre n’est pas un signe de désacralisation.

Si nous osons, pour un instant, enlever ton auréole, c’est parce que nous voulons voir combien tu es belle la tête découverte.

Si nous éteignons les projecteurs dirigés sur toi, c’est qu’l nous semble aussi pouvoir mieux mesurer la toute-puissance de Dieu qui, derrière les ombres de ta chair, a caché les sources de la lumière.

Nous savons bien que tu as été destinée à naviguer en haute mer. Mais, si nous te contraignons à voguer près de la côte, ce n’est pas pour te réduire à pratiquer notre petit cabotage. C’est pour que, en te voyant si proche des plages de notre découragement, nous puissions prendre conscience que nous sommes appelés, nous aussi, à nous aventurer sur les océans de la liberté.

Sainte Marie, femme de tous les jours, aide-nous à comprendre que le chapitre le plus fécond de la théologie n’est pas celui qui te place au centre de la Bible ou de la patristique, de la spiritualité ou de la liturgie, des dogmes ou de l’art. Mais c’est celui qui te place à l’int.érieur de a maison de Nazareth. Là où, parmi les marmites et les métiers à tisser, au milieu des larmes et des prières, entre les pelotes de laine et les rouleaux de l’Écriture, tu as expérimenté dans la profondeur de ta féminité toute simple, des joies sans malices, des amertumes dans désespoirs, des départs sans retours.

Sainte Marie, femme de tous les jours, libère-nous des nostalgies de l’épopée et apprends-nous à considérer la vie quotidienne comme le chantier où se construit l’histoire du Salut.

Libère-nous de nos peurs pour que nous puissions expérimenter, comme toi, l’abandon à la volonté de Dieu, dans la monotonie du temps et dans la lente agonie des heures qui passent.

Et reviens marcher discrètement à nos côtés, â créature extraordinaire, amoureuse des choses ordinaires, toi qui, avant d’être couronnée Reine du Ciel, a avalé la poussière de notre pauvre terre.

Par Daniel LeClair - Publié dans : Résumé de lecture - Communauté : Croyances
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